Le personnel de la fonction publique ne devrait pas avoir à « prolonger sa présence » au centre-ville : l’AFPC-RCN réagit aux plans de circulation liés au retour au bureau à Ottawa

Dans la région de la capitale nationale, tout le monde souhaite essentiellement la même chose : passer moins de temps dans la circulation, pouvoir compter sur de bons services publics et voir les gouvernements utiliser l’argent public de façon responsable.

Malheureusement, la directive de retour au bureau du gouvernement fédéral produit exactement le contraire.

Selon la stratégie de transport de la Ville d’Ottawa, l’augmentation de la présence au bureau pourrait entraîner au moins 65 000 déplacements supplémentaires vers le centre-ville chaque semaine. La réponse proposée comprend davantage de dépenses en transport en commun, plus de stationnement, une surveillance accrue de la circulation, des changements aux calendriers de construction et des campagnes publicitaires pour aider tout le monde à composer avec la congestion.

Apparemment, la seule idée qui n’a pas été retenue était d’éviter certains de ces déplacements inutiles dès le départ.

Il ne s’agit pas de membres de la fonction publique qui refusent de travailler. Nos membres travaillent tous les jours, que ce soit dans des bureaux, des laboratoires, des aéroports, des postes frontaliers, des établissements ou à domicile. La population canadienne a besoin de gens qui se consacrent aux services publics — pas de gens coincés dans la circulation pour satisfaire à une cible arbitraire de présence au bureau.

Le moment choisi est particulièrement difficile à accepter. Des milliers de personnes sont touchées par le réaménagement des effectifs et se demandent si leur emploi existera encore, tout en se faisant dire qu’elles devront dépenser davantage pour le transport en commun, le stationnement, l’essence et les services de garde simplement pour se rendre plus souvent au bureau.

On demande aux gens de payer plus cher pour se rendre au travail, alors qu’ils ont moins de certitude d’avoir encore un emploi une fois arrivés.

Nos membres pourraient aussi contribuer au financement de la réponse de la Ville grâce aux revenus supplémentaires provenant du transport en commun et du stationnement. Créer le problème, faire payer les personnes touchées pour la solution et appeler cela une stratégie — c’est certainement une façon de faire.

La Ville a consulté les employeurs, les organismes centraux et les intérêts commerciaux du centre-ville, mais le rapport ne fait état d’aucune consultation significative auprès des personnes qui travaillent dans la fonction publique fédérale ou de leurs syndicats. On s’attend à ce que nos membres modifient leurs horaires, leurs trajets et leurs habitudes familiales, mais apparemment pas à ce qu’ils aient véritablement leur mot à dire dans le plan.

Un centre-ville en santé devrait être bâti autour des gens qui y vivent, du logement, des espaces publics, du tourisme, de la culture et d’une économie diversifiée — et non sur les dépenses obligées des personnes qui travaillent dans la fonction publique fédérale.

Nos membres sont des travailleuses et des travailleurs, des membres de la communauté et des contribuables. Ils ne sont pas un programme de relance économique.

Le gouvernement fédéral doit remplacer sa directive mur à mur par des décisions fondées sur les besoins opérationnels, les faits, une utilisation responsable de l’argent public et l’amélioration des services publics. Ottawa mérite moins de congestion évitable — pas simplement un plan plus élaboré pour y rester coincé.

Vice-présidente exécutive régionale, RCN