Sécurité pendant les activités syndicales

Avis : Les conseils suivants sont fournis à titre d’information et ne constituent pas un avis juridique.

Même le plan de sécurité le mieux préparé ne peut éliminer tous les risques que pose la participation à une manifestation ou à une autre activité. L’AFPC-RCN recommande d’utiliser les renseignements sur cette page pour optimiser votre sécurité personnelle.

Rôles et responsabilités

Les responsables des activités ont habituellement des années d’expérience de l’organisation sur le terrain. Comptez sur ces personnes pour scander des slogans, choisir votre itinéraire et informer le groupe des précautions à prendre. Respectez toujours les demandes des personnes chargées de l’organisation ainsi que les rôles qu’ils ont attribués à leur équipe de planification.

Responsables de la sécurité

Ces leaders dispersés dans le groupe portent habituellement un brassard ou une veste réfléchissante pour qu’on les reconnaisse facilement. Elles se placent de manière stratégique le long de l’itinéraire ou dans la périphérie d’un groupe lors d’une manifestation. Elles sont là pour donner le rythme, arrêter la circulation, lancer les slogans, veiller à la sécurité des membres, désamorcer les échanges avec le public et communiquer avec l’équipe organisatrice. 

Secouristes

Ces personnes portent habituellement une veste réfléchissante ou agitent un drapeau pour être facilement repérables. Elles sont souvent dispersées à la tête et à la queue d’une manifestation ou postées à des emplacements désignés lors d’une activité. Selon le type d’activités, les secouristes transporteront du matériel de premiers soins et des articles comme de l’eau, de l’écran solaire, des masques, etc. Si vous voyez qu’une personne a besoin de premiers soins pendant une activité, demandez à quelqu’un de rester avec elle pendant qu’une autre personne va chercher les secouristes.   

Relations avec les médias

Selon la taille de votre groupe, les personnes chargées de l’organisation pourraient affecter une personne aux relations avec les médias. Si les médias vous approchent pour obtenir une déclaration ou pour enregistrer une vidéo, dirigez les journalistes vers une personne chargée de la sécurité ou des relations avec les médias. Cette personne saura mieux que quiconque comment communiquer le message du groupe.

Liaison avec la police

Les policières et policiers peuvent vous poser des questions, mais vous n’avez pas l’obligation d’y répondre. S’ils vous posent des questions au sujet de l’activité, aiguillez-les vers le personnel de liaison avec la police. Ces gens ont l’information, la formation et le soutien nécessaires pour interagir avec la police. De votre côté, évitez le plus possible d’interagir directement avec la police; concentrez-vous sur la raison de votre présence et soutenez l’activité d’autres façons. Si vous parlez aux membres du corps policier, faites preuve de politesse, gardez votre calme et demandez de l’aide à une autre personne sur place, au besoin.

Avant de participer à une activité

  • Informez une personne proche (membre de la famille ou autre) que vous participez à l’activité. Dans la mesure du possible, allez-y avec un groupe de personnes que vous connaissez.
  • Habillez-vous en fonction de la météo et portez des chaussures confortables. Apportez de l’eau, des collations et un écran solaire, au besoin. Dans un groupe, pensez à porter un masque pour prévenir la propagation virale et/ou pour éviter qu’on vous reconnaisse en personne ou sur les photos ou les vidéos.
  • Si vous avez un handicap ou des besoins médicaux particuliers, ou si vous avez une connaissance limitée du français ou de l’anglais, portez un bracelet ou ayez une carte qui précise vos circonstances et la personne à contacter en cas d’urgence.
  • Parlez aux membres de votre groupe pour établir un plan d’évacuation sécuritaire ainsi qu’un lieu de rassemblement au cas où vous seriez séparés. 
  • Activez le mode le plus sécuritaire sur votre téléphone. Changez les paramètres de votre téléphone ou de vos appareils électroniques pour utiliser un mot de passe plutôt qu’une empreinte digitale ou la reconnaissance faciale, en vue de protéger vos données. Assurez-vous que votre téléphone se verrouille automatiquement.
  • Envisagez de laisser votre téléphone à la maison, car on a peut-être déjà désigné des personnes pour observer ou documenter le comportement policier et celui des opposants à votre cause.
  • Abstenez-vous d’apporter des substances illégales (comme de la drogue) à l’activité ou tout ce qui pourrait être considéré comme une arme.
  • Si la perspective d’une arrestation vous inquiète lors d’une activité, pour une raison ou une autre, préparez-vous comme suit :
    • Écrivez le numéro de téléphone d’une avocate ou d’un avocat au feutre permanent sur votre bras, puisque vous n’aurez peut-être pas l’occasion de chercher un numéro en détention.
    • Si vous prenez des médicaments régulièrement, apportez une réserve de trois jours dans son emballage original.
    • Si vous avez des enfants, prévoyez un plan B pour que quelqu’un s’occupe d’eux, au besoin.

Pendant l’activité

  • Ayez conscience de votre environnement en tout temps.
  • Si vous participez à une manifestation, vous serez probablement très proche de quelques douzaines de personnes. Ce sont les personnes avec qui vous allez scander des slogans en marchant qui seront à vos côtés si la situation s’intensifie. Montrez-vous solidaire. Offrez-leur de l’eau si vous pouvez ou tenez leurs affaires pendant qu’elles attachent leurs lacets. La solidarité peut s’exprimer dans les gestes simples.
  • Respectez la vie privée des gens. Les photos et les vidéos prises lors d’une manifestation peuvent aider à diffuser le message d’un mouvement et immortaliser toute violation de vos droits, mais il est primordial de respecter la vie privée d’autrui. Demandez la permission pour prendre des photos de groupe et évitez de publier des photos ou des vidéos dans lesquelles les gens peuvent être reconnus.
  • Si vous avez une blessure ou si vous avez besoin de soins médicaux, trouvez immédiatement les secouristes. Ces personnes seront facilement reconnaissables. Si vous n’arrivez pas à les trouver, demandez l’aide d’une personne chargée de la sécurité.
  • Si on vous harcèle pendant une activité syndicale, demandez l’aide d’une personne qui est près de vous, signalez l’incident à une personne chargée de la sécurité et éloignez-vous du danger. Si c’est un autre membre de l’AFPC qui vous harcèle, signalez plutôt l’incident au bureau de la vice-présidence exécutive régionale dès que possible.

Interagir avec la police

  • La police a le devoir de faciliter les manifestations pacifiques. Il y a des cas où la police canadienne a protégé le droit de réunion, et d’autres, où elle a violé ce droit.
  • Lors de votre premier contact avec la police, avant de dire quoi que ce soit, posez la question : « ai-je le droit de partir? »
    • Si on vous répond oui, éloignez-vous immédiatement de la policière ou du policier, sans ajouter quoi que ce soit.
  • Personne n’a le droit de vous fouiller sans votre consentement ou sans motif raisonnable. Par contre, on pourra vous fouiller si vous êtes en détention ou en état d’arrestation. Si la police n’a pas de motif pour vous fouiller, vous avez le droit de refuser la fouille et vous devriez le dire le plus clairement possible.
  • Si vous êtes en détention, et que la police veut fouiller votre personne ou vos effets personnels, dites : « vous n’avez pas mon consentement pour fouiller ma personne ou mes affaires ». Répétez cette déclaration, au besoin, surtout si on vous fouille, mais n’offrez aucune résistance.
  • Si on vous arrête, ne résistez pas. Vous avez le droit de connaître rapidement le motif de votre arrestation. Vous avez également le droit de garder le silence et de parler à une avocate ou à un avocat.
  • Dans vos échanges avec la police, il est important de garder votre calme et de faire valoir vos droits poliment. N’offrez aucune résistance physique si la police décide de vous fouiller, de vous mettre en détention ou de vous arrêter.
  • Gardez à l’esprit que certaines personnes sont plus à risque d’être ciblées par la police parce qu’elles font partie d’un groupe marginalisé. On pense notamment aux personnes racisées (en particulier, les personnes noires), aux Autochtones, aux personnes ayant un handicap, aux personnes queers, trans ou intersexes, et à celles qui ont des problèmes de santé mentale.
    • Si vous ne faites pas partie de ces groupes ciblés parce que vous êtes, par exemple, une personne blanche sans handicap, pensez à utiliser ce privilège pour protéger les personnes marginalisées. Vous pourriez vous ranger aux côtés des personnes ciblées par la police (avec leur permission), enregistrer ou documenter les échanges avec la police ou vous placer entre la police et les manifestantes et manifestants marginalisés.

Participation à une contre-manifestation

  • Si vous participez à une contre-manifestation, comme celles pour la protection des droits des personnes queers ou trans, vous risquez de rencontrer des personnes agressives. Vous devrez prendre des précautions supplémentaires pour assurer votre sécurité.
  • Évitez toujours d’aggraver un conflit. Si un conflit semble s’intensifier entre vous-même et une autre personne, éloignez-vous immédiatement et obtenez de l’aide. L’équipe de sécurité, y compris les membres de l’AFPC, devrait être clairement visible pour vous aider.
  • Évitez les vêtements facilement reconnaissables et cachez vos tatouages. Vous pourriez également porter un masque facial. Vous éviterez ainsi qu’on divulgue de l’information personnelle à votre sujet de façon malveillante ou qu’on vous identifie autrement sur des sites Web d’extrême droite.
  • Évitez de publier votre emplacement dans les médias sociaux pendant une activité et ne partagez jamais de photos avec des visages sans obtenir le consentement des personnes sur les photos. Vous réduirez ainsi le risque que vous-mêmes ou d’autres personnes deveniez la cible de harcèlement en ligne.

Ressources

Consultez les pages Web suivantes pour en savoir plus sur le sujet.